Mon hibou a les yeux bleus

Mon hibou a les yeux bleus et tout au fond tant de bras sortent de terre, ils veulent s’accrocher, ils veulent s’approcher, tant de bras sortent des murs, ils parlent entre eux, ils veulent mettre le feu, tant de bras sortent du lit, ils veulent étrangler le corps d’un gros minable, ils entrent dans le ventre et arrachent ses entrailles, ils entrent  dans le ventre et ils l’assaillent, ils l’assassinent, personne n’annonce sa mort et le soleil se cache dans le dos du corps. Tout au fond, mon hibou assassine mes pensées et ordonne aux sens de ne rien dire, ne rien écrire et de partir apprendre à danser. Mon hibou a les yeux bleus et tout au fond mon* monstre m’insulte, « Gros minable, petit con, bouffon, espèce de merde » puis il s’excuse, le monstre s’agite à l’intérieur de mon corps sur lequel je n’ai pas de contrôle, voilà pourquoi je fais n’importe quoi, voilà pourquoi mes pensées s’entretuent, voilà pourquoi  c’est difficile d’entendre, il bloque mes oreilles, rien ne m’appartient, voilà pourquoi je m’excuse sans raison. Monstre, monstre s’agite sous ma peau, au-dessous de la table, au-dessous de mon crâne et au fond de mon âme, je l’entends vociférer à l’intérieur de mon ventre, je t’entends battre près de mon cœur, minable muscle, monstre me parle, depuis l’enfance, il est né avec moi, il n’a jamais été passager, mon hibou avait pris le cœur et il l’avait partagé. Mon hibou à les yeux bleus et tout au fond ce  monstre voudrait que je meure** comme une fleur, celle qui ne ressemble à rien, celle qui ressemble à un fantôme dont on sent la présence, dont on entend la voix mais dont on ne comprend pas le sens.

Khalid EL Morabethi

.

.

*

.

.

.

.

.

*

.

.

.

.

.

*

.

.

.

.

.

*

.

.

.

.

.

*

.

.

.

.

.

.

*