SOIR 3

Alors elle s’avance avec ses grands voiles sombres ses cortèges de démons à la ceinture prêts à bondir dans le soir dans nos soirs alors elle s’avance dans nos quartiers nos maisons nos salles nos théâtres prêts à bondir s’inviter sur nos tables pour une dernière oraison alors elle s’avance et se balance comme ça sans crier gare dans nos histoires elle s’avance avec ses paquets de grimaces sans crier elle est froide et folle aile sombre jeune et déterminée aile de l’est en balance de ses folles liturgies discursives au nom de divinités qui de divin s’acharne dans le crime au nom de divinités qui s’abreuvent aux coupes d’or noir qui sont nos convoitises l’aile s’avance sa haine vissée au coeur dans des armes si lourdes que tu plies sous le poids que ton corps s’y bloque kalash kalash nikov ni corps ,ni âme

H O W L    K A L A S H

ton corps nos corps bloquant ainsi traumas ainsi traumatisés kalash kalash nie ainsi nos corps bloquent ainsi nos corps trauma ainsi trauma ainsi traumatisés balance la ténèbre dans son baiser dans son baiser de démons ainsi nos corps bloquent la balance entre les libertés nos corps bloquent on ne peut plus crier nos corps bloquent sous le poids des morts des corps fauchés trous de balle trous noirs trous de vidés dans nos têtes trauma trop mal quel crime jouet là d’une guerre jamais faite ton corps qui saigne dans le mien kalash qui s’avance qui se balance dans nos chairs dans nos corps kalash qui nie nos corps nos coeurs pour planter ses lignes de kalash de kalash de peur à semer l’effroi qui bloque nos corps trauma traumatisés

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la tête comme sonnée grands coups on s’assomme d’images on s’assomme de sommes d’informations de sommes de visages d’inconnus qui soudain familiers on s’assomme de commentaires de travers et des travers qui engendrent encore et encore la haine on ne supporte plus on s’assomme on s’assomme les autres on ne se supporte plus tant on a tant on a mal tant c’est insupportable on jette on somme et se jette on jette l’autre l’autre somme sonné qui est nous nous les autres nous l’autre jeté qui tue kalash kalash qui nie le corps de l’autre que l’on somme de ne pas être de ne pas être l’autre qui nous assommés kalash kalash nikov kalash kalash de troubles qui tue nos amis à la terrasse des cafés avec sa ceinture aphrodisiaque sa somme liturgique de folie il jouit déjà déjà sans trauma du para du paradis dis le martyr il n’a plus peur il sait sa kalash sa kalash nikov pense pour lui comme ceux fuck off qui l’ont poussé là à tuer kalash kalash nie corps et coeurs nos sonnets assommés

H O W L    K A L A S H

                                                              c’est pratique le mal de partout ça nous nique dans les os les veines le mal ancien lancinant qui revient le mal très ancien qui ne se règle pas à coups de bombes le mal qui s’avance de partout se balance le mal de l’histoire les petites pratiques basses des états sous les grands discours kalash kalash ni corps ni coeur balance la ténèbre dans son baiser dans son baiser de démons ainsi nos corps bloquent la balance la balance de l’amour dans le baiser des démons qui balancent les balles en cercle de l’enfer dans le trou noir où sombrent nos raisons ainsi kalash ainsi kalash ni corps ni foi ni loi ni âme ainsi baisent les démons ivres du crime dont ils se donnent raison ainsi ne finit jamais l’histoire des guerres et des oppressions dans le ventre de la haine dans le bide de la géhenne ça balance ça grouille de peurs ça nique nos raisons ça balance ça grouille de sommations à ne pas être mais jamais ne tuent de vie le désir

alors elle s’avance mais quoi elle s’avance l’ombre de la ténèbre avec ses dents qui sabrent le champagne de la mort qui sabre la joie que fête son extinction elle s’avance elle balance ses pétards c’est la fête la fête de la destruction c’est la fête de l’anéantissement on a trouvé des innocents tout ce qu’ils sont c’est l’abominable un verre de vin un verre de bière un moment de détente de parole l’amitié les gars les filles en amitié la ronde des amis kami kamikaze à l’ombre de Bastille dans la lumière des anges dorés d’une république qui a du mal à trouver sa ligne de paix c’est vrai liberté égalité oui mais pour qui seulement pour nous à l’abri de nos murs et de nos richesses la ténèbre elle s’avance avec ses baisers plein de balles la ténébre qui déchire le corps de nos enfants de nos amis c’est abominable cette ténèbre qui déchire le corps d’un Paris cosmopolite et dansant d’un Paris libre ivre de sa fantaisie de nos corps l’abominable kalash ainsi trauma ainsi traumatisés tombent nos corps sur le sol de nos utopies épuisées voilà Paris en Orient dans le chaos voilà Paris trauma

traumatisée sous l’ordre de la Kalash kalash nikov mais ne tue de vie son

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désir

H O W L    K A L A S H 

                                                                                   les tenues disparates comme les sons et les textes comme le son du sexe dans l’amour dont la nuit soudain luit soudain s’éteindre avec des bouquets d’explosion comme des couteaux dans l’épaisseur d’une vie un peu libre la guerre était ailleurs la guerre les corps jetés par terre déchiquetés c’est ça ce crime cette scène avec ces assassins tu n’y comprends plus rien tu comprends que cela t’échappe cette puissance atroce de la barbarie qu’ailleurs déjà se programment d’autres guerres de kalash et qu’ici d’autres crimes aussi que l’on livrera en ton nom tu comprends que la paix n’entre pas dans les logiques d’un monde vissé à ses économies tu comprends que la liberté ne fait pas bon ménage avec l’argent et ses manèges que la liberté a un prix- celui que tout le monde la connaisse et pas seulement un monde contre d’autres- tu comprends qu’ils s’entendent par dessus nos cadavres pour ne jamais s’entendre et perpétrer leurs pouvoirs et leurs commerces de ténèbres au-dessus de la valeur des vies de chacune des vies ici et là -bas comme le monstre sort de ça comment il sort de tes yeux de ta chair de ton pays de ton corps comme il sort te nique la vie fuck off et le voilà face à toi avec sa kalash à te tuer de ses yeux froids tu ne le reconnais pas kalash kalash nie les corps les coeurs kalash kalash kalash nikov mais ce monstre il a quelque chose de ta face aussi

et ces mots d’ordre de partout qui résonnent comme de futures bombes ces mots du désordre des ordres cachés des lois bafouées sous les motifs qu’on ne livre pas au public raison d’état d’état de quoi d’état de tuer de violer de gaver les puissants en nourrissant la haine des peuples entre eux l’état de haine pour quelle raison ces mots qui se veulent avoir compris se veulent avoir raison qui veulent en avoir raison ces mots qui tentent explications en écartant les larmes encore police encore guerre encore sécurité ces mots qui tentent des ponts ces mots qui coupent des routes ces mots qui explosent de partout dans le bazar des émotions la recherche de la pensée avec le sang chaud des morts sur la langue ce tout de la ténèbre qui envahit flaque sombre dans les rues ailleurs et ici tu veux mettre des murs autour de ça des murs et encore des murs des montagnes de murs des montagnes de raisons historiques de critiques impérialistes des murs de tendresse et de raison autour de ceux que tu aimes qui sont les tiens que tu reconnais comme les tiens des montagnes de murs pour que les tiens ne connaissent plus

H O W L    K A L A S H  

                                                                      que ça tu commences à les construire ces murs avec des petites lumières que tu allumes dedans tu les montes à toute vitesse mais le mur s’écroule le mur ne tient pas la haine passe les murs ne cassent pas comme ça les tiens sont les miens les leurs aussi corps planétaires livrés à la même giration dans quel sens la révolution celui des guerres sans cesse kalash kalash dans les cercles que construisent vos enfers les murs brisent nos corps il faut de l’amour mais l’amour tu ne sais plus ce que sait ça l’amour autour de toi l’amour de ton autre cela demande un monde autre qui n’est pas celui où tu marches- pas encore- ces mots d’un monde autre poème que tu lâches comme ces gestes d’un ultime sonnet assommé déjà prêt à être l’oublié sous la kalash kalash du temps nikoff et de vie son désir plus puissant encore

la musique s’est tue la musique tuée visée cible du grand crime la musique la vie les verres le rock sur les guéridons les amis qui se retrouvent fin de semaine pour parler les amis qui ne parlent plus et se cherchent à la morgue ou dans les lits d’hôpitaux l’horreur dans nos corps trauma trauma tisés de quoi tu causes de quelle cause parler de quelles choses seront nos rencontres de quel oubli déjà se voilent nos bouches se voilent nos faces de quel oubli kalash kalash nie le corps d’amour de l’autre kalash kalash nikov qui se balance au bout de nos vies entre le meurtre et son simulacre d’innocence kalash à cache cache entre le jeu des pouvoirs de nos états les uns avec les autres toujours à promulguer des rhétoriques de guerre et de conquête leurs discours de propagande pour nous mettre à l’abri à l’abri de rien dans nos vies plongées dans des haines tenaces quand la kalash craque dans la nuit de Paris à l’abri de rien surtout pas des monstres générés du chaos des monstres assoiffés de nous des monstres assoiffés de leurs paradis artificiels à grands coups de meurtres de monstres jeunes nos voisins nos enfants qui s’en balancent maintenant qu’ils y sont dans leurs paradis gagnés de sang aux bras de la femme fantasmée et promise aussi vierge que la bêtise de toute pensée

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fontaine des innocents la place des larmes l’eau est tarie comme la grâce est bannie de nos vies larme de l’innocence l’or du chagrin qui ne passe pas l’innocence pleure avec des bouquets de coquelicots plein les dents fontaine des innocents on se repasse des films et des docs des poèmes et des tracts sur des utopies lasses on essaie de comprendre on essaie de trouver des chemins qui retournent à l’innocence on essaie de comprendre l’impasse des politiques de nos démocraties on doute on doute liberté égalité c’est dur à la fontaine on essaie d’imaginer une logique de paix qui se balance entre celle qui s’avance la ténèbre et celle qui s’en balance la ténèbre aussi des chemins de mélancolie s’ouvrent dans les rues de la ville où se prélassent les sans-abris comme dans les veines de nos yeux noirs et bleus des chemins de mélancolie avec des jours sans réponse à la folie meurtrière des hommes de tous bords à la folie des intolérances dans le bordel de la ténèbre qui baise avec nos démons dans d’immenses draps blancs comme ceux surgis dans la nuit d’un Paris sur ses trottoirs d’un soir et ceux qui nous attendent à la prochaine comme ceux qui nous guettent dans le jour difficile à vivre dans le jour difficile à livrer comme poème

                                                                                                      H O W L    K A L A S H

                                                                                                                              des monstres grouillent sur les pages entre des mares de sang alors elle s’avance avec sa ceinture de monstres autour de la taille chaque démon tire la langue dans toutes les langues qui courent le réseau alors elle s’avance elle balance ses pétards blancs ses pétards rouges ses pétards surpuissants qui s’allument dans le soir la vieille déesse folle et hallucinée qui te berce dans ton désespoir ton désir de mort et d’au-delà dans ce paradis promis qui n’est pas là pourquoi à la terrasse des cafés avec les amis ni dans la fosse où la musique anime les corps dans la joie de ces vibrations et de son transport toi ce qui t’arrime c’est le transport dans un paradis qu’on t’a vendu comme la solution la solution à quoi le paradis des mares de sang les mers où trop de nous sur terre baignent sans lendemain avec des lendemains qui hantent nos balances des lendemains de soirs trop sombres pour qu’on y voie encore clair dans la démesure des haines qui se jouent de nous de nos chagrins dans la démesure des enjeux des pouvoirs qui s’en déjouent quand la ténébre se balance au bout de ton fil qu’elle te nargue avec ses promesses de chaos

                                                                                      avec le sel empoisonné des poudres assassines qui circule et se vend libre de frontières ivre d’argent où trop de nous trouvent la limite de leurs vies pourchassées par ces guerres sans fin ces haines alimentées sans cesse des mots de la guerre et de l’intolérance ces vies assassinées par ceux qui alimentent les mers de sang dans nos bouches harassées des voix chuchotent des lettres d’amour entre deux souffles qui s’éteignent ils sont dans la fosse cet angle mort de nos vies et de nos indifférences ils sont dans la fosse où la musique se tait c’est la panique la mort des raisons qui nous tiennent d’embarras devant le complexe de tant de politiques qui blessent ici et là et les hommes qui ne trouvent que la guerre encore et encore pour y répondre kalash à cache-cache et les pouvoirs qui ne balancent jamais dans le désir de paix sinon celui de ses intérêts kalash kalash nikov nos démons la pulsion de mort comme raison

la guerre engendrant encore la guerre pour des générations avec ses cortèges de haines et de fantômes ses cortèges de zombies lancés sur les pans de vie de nos libertés effritées comme ces fleurs à la terrasse des cafés qui trouent les vitres brisées par les balles comme ces fleurs qui poussent nos lendemains fragiles et menacés le corps le coeur se bloque il faudra trouver les mots du silence réfléchi des mots brisés dans la beauté renversée ici et là-bas qui ramènent la raison de la paix avec ses anges au balcon des salles de concert avec ses anges qui trempent leurs pieds dans le Tigre et sa bouche dans l’Euphrate non de la mitraille des mots d’ordre de la division de la stigmatisation de la haine recommencée dans l’intolérance qui trouve toujours des points d’accroche ici et là dans le bruit des armes et des bombes dans la terre et sur les tombes la gerbe des corps fauchés

H O W L    K A L A S H

dans l’incompréhension des frustrations et des émotions comme d’un monde bancal et ce que nous faisons comme nous pouvons pour l’accompagner nous les assommés sonnés non pas en pensant avoir des solutions non pas en pensant avoir raison

mais parce que nous savons que la liberté a ses fleurs qu’elles s’appellent le droit de pensée de création que ce droit s’exerce dans l’ouverture vers plus de lumière sur tout ce qui fait que nous vivons dans le noir de notre condition

que ce noir n’est pas la négation de l’autre aussi divers et différent soit-il que ce noir s’appuie sur la remise en question soucieuse de nos raisons que dans ce noir se joue des pléiades de lumières que nous abordons non sans aporie que ce noir est aussi pris dans les ténèbres de ceux qui ne veulent rien savoir que ce noir est pris dans les ténèbres de ceux qui ne veulent rien  comprendre de toute cette difficulté d’être homme dont nous pensons que cela  appartient à l’autre alors que c’est encore nous nous l’autre l’autre moi je et lui c’est nous

nous qu’il nous faut chérir ce noir comme nous chérissons les lumières qui fleurissent nous dans le sourire des jeunes filles fauchées aux tables des terrasses dans la nuit de Paris à nous comme il nous faut chérir tout nous ceux que l’on oublie sans cesse noyés  nous dans des blocs d’indifférence dans nos rues et à nos portes

qu’il nous faut tendre un peu plus la main dans nos libertés qui ne peuvent être que celles du plaisir et de la vie mais celles aussi d’un peu plus de solidarité et de pensée à ce qui nous arrive ce qui nous arrive c’est la ténèbre en tranches d’horreur dans nos vies comme cette ténèbre hante et frappe tant de points du monde qui sont autant de points de douleurs dans nos corps planétaires frappés du bal obscène des kalash des kalash nikov chasser de nos bals la ténèbre et le baiser macabre de ses démons kalash kalash nikov ni corps ni coeurs ni âmes

H O W L    K A L A S H

                                                                                                         Alors elle s’avance avec ses grands voiles sombres ses cortèges de démons à la ceinture prêts à bondir dans le soir dans nos soirs alors elle s’avance dans nos quartiers nos maisons nos salles nos théâtres prête à bondir s’inviter gicler sur nos tables pour une dernière oraison messe noire macabre Howl Kalash alors elle s’avance et se balance comme ça sans crier gare dans nos histoires foutraques elle s’avance avec ses paquets de grimaces sans crier elle est froide et folle aile sombre jeune et déterminée aile de l’est en balance de ses folles liturgies discursives au nom de divinités qui de divin s’acharne dans le crime l’aile s’avance sa haine vissée au coeur dans des armes si lourdes que tu plies sous le poids que ton corps s’y bloque kalash kalashnikov ni corps ,ni coeur aile de la ténèbre sans état d’âme avec son désir d’éteindre de la vie son désir

texte Soaz Saahli                              image Salvatore Spada

Novembre 2015

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