Soir 1

Plage des ovaires c’est l’été ou l’hiver tu sais c’est la lumière qui décide des corps sont retrouvés glissés entre la fissure inhospitalière des rochers et le berceau des vagues de l’océan tout proche des corps habillés de peaux de bêtes des mers des corps morts comme des outres trop pleines qui va là qui va là dans la nuit qui s’avance dans le soir ou dans les formes toutes de mort vêtues

——Elle s’est avancée avec ses gants de laine chinée on ne sait trop où à la dernière brocante de l’île-s’avancer il fallait bien s’avancer il fallait bien toujours cette obligation du pas qu’il faut du pas qu’il faut avancer pour ne pas être fauchée, qu’il faut avancer le pas dans les doigts recouverts de la maille de laine chinée où ça qu’il faut avancer tout droit avant arrière ici bas ici haut dans la gerbe des vagues qui se ramassent dans l’aube de ses pieds tout meurtris d’avoir trop dansé sur la carène du bateau englouti

—–avancer il fallait bien s’avancer toute de meurtrissures éblouies avec la grande robe des vagues aux pieds avec la grande robe des vagues aux pieds des mots qu’il fallait avancer dans le bal pour avoir le droit d’y danser dans le bal qui avance sans se retourner qui avance ce qu’il faut qu’il pense qu’il faut avancer le bal avec la danse de ses pieds scarifiés d’encre et d’algues des grands fonds où la perte des mémoires nourrit les poissons d’être -les poissons de l’eau des gerbes d’elle entre les eaux avancées dedans la meurtrissure de ses lèvres

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